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Travailler sur soi est politique !

  • 4 mars
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 7 mars

Gnothi seauton. « Connais-toi toi-même. »


Connais-toi toi même. Il y a des années que cette phrase m’accompagne.


J’ai 19 ans quand je dis pour la première fois à mon père : "Je veux voir un psy".

Il me répond, presque inquiet : "Mais tu n’es pas malade, ma fille !"


Non, en effet papa. Je ne suis pas malade. Mais je sens que j’ai besoin de mieux me connaître. De comprendre mes modes de fonctionnement.


De séparer les miens des tiens.


J’ai besoin de comprendre ce qui me fait souffrir et ce qui m’anime.


Je n’ai pas encore conscience que ce « travail » que j’entame, que je ce chemin que j’emprunte est en réalité profondément politique !


Comment en effet imaginer changer les choses et arrêter des schémas de reproduction, au niveau individuel, familial ou sociétal si nous ne prenons pas conscience de nos biais, de nos modes de fonctionnement, de ce qui nous active ou nous déborde ? Comment être mieux avec les autres et faire société avec eux si nous ne sommes pas bien avec nous-même ?


Mieux se connaître est politique.

Parce que prendre conscience de ses besoins, de ses limites, de ses croyances, c’est sortir de l’inconscience qui nous rend manipulables et qui nous pousse à reproduire aveuglément.

C’est refuser d’intérioriser des normes qui nous abîment.


C’est identifier ce qui, en nous, relève de notre histoire singulière de ce qui relève d’injonctions sociales, culturelles ou encore économiques.


C’est comprendre comment le "je" est traversé par le "nous" et façonné par le “ils”.

Se connaître, ce n’est pas se replier sur soi, ni s'adapter. C’est au contraire élargir sa conscience et donc sa compréhension des choses !


C’est devenir capable de dire : ceci est à moi et ceci ne l’est pas.

C’est poser des limites là où l’on nous a appris à nous taire.

C’est remettre en question des croyances héritées. C’est déconstruire pour ne pas reproduire.


Il existe plusieurs voies pour cela.

La psychologie en est une. Mais il y a aussi la philosophie, les livres, les cercles de parole, le coaching, le dialogue, l’expérience, l'écriture, la lecture, le yoga, la méditation, la danse, la pleine conscience etc.


Et surtout le temps. Evidemment le temps ! A condition de l’utiliser pour se réveiller ou s’éveiller et d’oser questionner.

Toute activité qui favorise l'écoute, l'introspection, et donc une meilleure connaissance de soi et du monde qui nous entoure est un travail sur soi. C’est un chemin. De perpétuelles questions. Avec des pauses parfois.


Deux chemins se dessinent souvent.

Celui qui consiste à comprendre ce qui crée la souffrance, les blessures, les répétitions, les mécanismes de défense. Et celui qui consiste à cultiver ce qui crée l’élan, la joie, le sens et l’épanouissement. Deux voies complémentaires. Guérir pour s’épanouir. Comprendre pour mieux grandir.


Aider les autres à se penser, à s’observer, à mettre en mots pour clarifier, c’est les aider à reprendre du pouvoir sur leur vie.

C’est soutenir celles et ceux qui ont le courage de questionner, de déconstruire, d’avancer dans le vide avant de reconstruire autrement.


C’est embrasser la complexité sans la réduire ni à un individu isolé, ni à un collectif abstrait.

Car le "je", le "nous" et le "ils" dialoguent en permanence.


Apprendre à mieux comprendre ces mouvements, c’est faciliter le dialogue, c’est trouver sa place sans écraser celle des autres ou prendre la leur. C'est éviter de faire aux autres les choses même que l'on combat ou que l'on reproche !


Dans l’époque qui s’est ouverte, fragmentée, polarisée, saturée d’injonctions et de récits simplificateurs, mieux se connaître n’a, je crois, jamais été aussi important.

Jamais aussi politique.


Parce qu’une personne qui se connaît est moins gouvernée par la peur, moins tentée par les réponses simplistes, moins encline à projeter sa souffrance sur des boucs émissaires.

Une personne qui se connaît peut choisir plutôt que réagir.

Elle peut dialoguer plutôt qu’attaquer.

Elle peut transformer plutôt que subir.


Au fond, ce chemin est ancien. C’est celui des philosophes.

Mais aujourd’hui il est devenu un acte de responsabilité. Un acte de lucidité. Un acte politique.


Connais-toi toi-même.


Non pas pour te regarder indéfiniment !

Mais pour participer, en conscience, à la transformation du monde.

Faire un « travail sur soi », c’est une manière de reprendre le pouvoir !

Finalement, comme dirait Ghandi, sois le changement que tu veux voir dans ce monde.


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